Sténose lombaire – Canal lombaire étroit
Le rachis lombaire compte 5 vertèbres lombaires (de L1 à L5). La cinquième vertèbre lombaire s’articule avec le sacrum, os impair de forme pyramidale et constitué de 5 vertèbres soudées entre elles. Très mobile, le rachis lombaire est particulièrement exposé aux complications dégénératives. Parmi les pathologies qui peuvent affecter cette portion du rachis, la sténose lombaire est un diagnostic assez souvent retrouvé dans la pratique quotidienne.
Canal lombaire rétréci
Qu’est-ce qu’une sténose lombaire ?
La moelle épinière s’arrête à la jonction thoraco-lombaire. En effet, à partir de ce niveau, le canal rachidien abrite les racines de la queue de cheval : celles-ci assurent l’innervation motrice et sensorielle des membres inférieurs ainsi que des organes du bassin.
Le rétrécissement du diamètre du canal rachidien signe la sténose lombaire.
Avec le temps, ce rétrécissement peut comprimer les nerfs qui y passent. En fonction du niveau de compression, la symptomatologie varie.
Quelles sont les causes de la sténose lombaire ?
Une étroitesse canalaire peut être congénitale (présente dès la naissance) ou bien acquise.
Le canal lombaire rétréci constitutionnel ou congénital est une entité rare.
L’arthrose est la cause la plus fréquente de sténose lombaire acquise. Elle concerne généralement une patientèle âgée de plus de 50 ans. Elle est liée à l’usure des disques et des articulations et l’usure des vertèbres. Les disques intervertébraux s’affaissent, d’où une mise en contact des vertèbres et le développement d’excroissances (dites « becs-de-perroquet ») qui peuvent finir par diminuer le diamètre du canal rachidien.
La hernie discale lombaire est souvent retrouvée chez les jeunes patients, elle s’installe suite à une dégénérescence du disque intervertébral. Cette hernie est susceptible de comprimer les nerfs et ses symptômes dépendent du nerf touché. À titre d’exemple, la compression du nerf sciatique se manifeste par une douleur spécifique : la radiculalgie de type sciatique, qui signe l’atteinte du nerf L5 ou du nerf S1.
Au niveau lombaire bas, le glissement des vertèbres entre elles définit le spondylolisthésis lombaire. Il s’agit d’une pathologie acquise dont les étiologies sont nombreuses (fracture, scoliose, arthrose…). En fonction du mécanisme et de la stabilité du glissement, la symptomatologie diffère (douleurs radiculaires, syndrome de la queue de cheval, faiblesse musculaire, paralysie des membres inférieurs etc). L’évolution d’un spondylolisthésis est généralement lente. Un spondylolisthésis lombaire cause un débord discal pouvant être responsable d’une sténose canalaire.
Une maladie de Paget est susceptible de provoquer une sténose lombaire. Cette pathologie chronique de l’adulte se caractérise par un remodelage osseux anormalement actif, d’où une hypertrophie de l’os fragilisé qui peut rétrécir le canal rachidien.
Par ailleurs, la maladie de Paget cause aussi de l’arthrose et des fractures pathologiques.
Quelles sont les conséquences d’une sténose lombaire ?
Un canal lombaire étroit n’entraîne pas nécessairement une gêne et les patients peuvent rester longtemps asymptomatiques.
Le retentissement d’une sténose lombaire dépend du niveau de l’atteinte. Il est ainsi possible de retrouver :
- Un mal de dos d’intensité variable (lombalgie), même si ce symptôme ne se trouve pas au premier plan.
- Des sensations anormales telles que des picotements, fourmillements ou engourdissement (paresthésies) des membres inférieurs.
- Une modification de la sensibilité au niveau des membres inférieurs (dysesthésies)
- Une radiculalgie sciatique ou crurale.
- Une fatigabilité à la marche d’évolution progressive avec une obligation à l’arrêt et une diminution progressive du périmètre de marche: c’est la claudication intermittente, signe classiquement retrouvé dans une sténose lombaire.
Il est essentiel de savoir reconnaître une urgence nécessitant une prise en charge spécifique. Parmi les urgences, le syndrome de la queue de cheval est souvent redouté :
- Douleurs lombaires intenses qui ne cèdent pas au traitement antalgique
- Incontinence urinaire et/ou fécale
- Dysfonction érectile
- Troubles moteurs pouvant évoluer vers une paralysie motrice en l’absence de prise en charge rapide
Diagnostic d’une sténose lombaire
Première étape essentielle, l’examen clinique est souvent normal. Ensuite, des examens complémentaires peuvent être prescrits en fonction de la symptomatologie :
- Des radiographies du rachis lombaire de face, de profil et dynamiques peuvent retrouver des signes d’arthrose lombaire
- Le scanner et l’IRM du rachis lombaire permettent de confirmer le diagnostic de sténose, d’évaluer sa sévérité, de visualiser le niveau lombaire atteint et de faire un état des lieux des éléments anatomiques voisins. Ces deux examens sont utiles et complémentaires.
Quel est le traitement d’une sténose lombaire ?
À un stade débutant, la prise en charge d’une sténose lombaire est médicale. Un traitement antalgique pourra être prescrit, potentiellement associé à de la rééducation et une infiltration épidurale de corticoïdes. Lorsque la sténose s’aggrave et que son retentissement devient handicapant, le traitement chirurgical est de mise.
La chirurgie repose sur la décompression de la sténose lombaire. Le but est d’élargir le calibre du canal rachidien afin de libérer et soulager les nerfs qui y passent.
Il s’agit d’une chirurgie de recalibrage lombaire ou parfois d’une laminectomie. Ces décompressions nécessitent parfois la mise en place d’implants comme des vis et tiges.
En fonction des particularités de votre cas, le Dr Benzakour détermine avec vous la technique la plus appropriée.
Les modalités de chaque méthode vous sont communiquées, afin que votre prise de décision puisse être éclairée.
Dr Ahmed Benzakour
Je consacre mon activité à la prise en charge des pathologies du rachis, qu’elles concernent la région cervicale, dorsale ou lombaire. Mon approche repose sur une évaluation précise de chaque situation afin de proposer le traitement le plus adapté, qu’il soit médical, interventionnel ou chirurgical.
- Je suis enregistré au Conseil National de l’Ordre des Médecins (CNOM) sous le numéro RPPS: 10100662401
- Je suis ancien Chef de Clinique des Hôpitaux et praticien spécialisé en chirurgie du rachis.
- Je suis formé aux techniques de décompression, stabilisation et reconstruction rachidienne.
- Je participe régulièrement à des congrès et formations dédiés à la chirurgie du rachis.