Spondylolisthésis
Le spondylolisthésis est une affection de la colonne vertébrale caractérisée par le glissement d’une vertèbre par rapport à une autre, le plus souvent vers l’avant. Cette condition, qui touche principalement le rachis lombaire, peut être asymptomatique ou, au contraire, entraîner des douleurs importantes et des symptômes neurologiques. Comprendre les différents types de spondylolisthésis, leurs causes, leur diagnostic et les options de traitement est essentiel pour une prise en charge adaptée et pour améliorer la qualité de vie des patients.
Spondylolisthésis
Qu’est-ce qu’un spondylolisthésis ?
Le spondylolisthésis est défini par le déplacement d’une vertèbre par rapport à la vertèbre sous-jacente. Ce glissement se produit le plus souvent au niveau des vertèbres lombaires, en particulier entre L5 et S1 (spondylolisthésis L5-S1) ou entre L4 et L5 (spondylolisthésis L4-L5). Le glissement est généralement antérieur (vers l’avant), mais il peut aussi être postérieur (rétrolisthésis).
On classe le spondylolisthésis en plusieurs types, en fonction de sa cause :
- Spondylolisthésis isthmique (ou par lyse isthmique) : C’est le type le plus fréquent. Il est dû à une fracture de l’isthme vertébral (la partie étroite de l’arc postérieur de la vertèbre), appelée spondylolyse. La lyse peut être favorisée par une prédisposition congénitale, due à des microtraumatismes répétés (chez les sportifs par exemple) ou à un traumatisme unique.
- Spondylolisthésis dégénératif : Il survient chez l’adulte, généralement après 40 ans, et est lié au vieillissement et à l’arthrose des articulations intervertébrales (facettes articulaires) et à la dégénérescence discale. Il n’y a pas de fracture de l’isthme.
- Spondylolisthésis congénital (ou dysplasique) : Il est présent dès la naissance et est dû à une malformation des vertèbres ou des articulations qui ne permet pas une bonne stabilité.
- Spondylolisthésis traumatique : Il est causé par une fracture d’une autre partie de la vertèbre que l’isthme, suite à un traumatisme important.
- Spondylolisthésis pathologique : Il est lié à une maladie osseuse (tumeur, infection) qui fragilise la vertèbre.
Les causes d’un spondylolisthésis
Les causes du spondylolisthésis varient en fonction de son type.
Spondylolisthésis isthmique
La cause principale est la spondylolyse, une fracture de l’isthme vertébral. Cette fracture peut être due à :
- Facteurs génétiques : Une prédisposition familiale à la fragilité de l’isthme.
- Microtraumatismes répétés : Des activités sportives intenses (gymnastique, haltérophilie, football américain) qui sollicitent de manière répétée la colonne vertébrale en extension et en rotation.
- Traumatisme aigu : Une chute ou un choc violent, bien que plus rare.
Spondylolisthésis dégénératif
Il est principalement causé par le vieillissement et l’usure des structures de la colonne vertébrale :
- Arthrose des facettes articulaires : L’usure du cartilage des petites articulations situées à l’arrière des vertèbres entraîne une instabilité.
- Dégénérescence discale : L’affaissement des disques intervertébraux réduit la hauteur de l’espace discal et modifie la répartition des contraintes sur les vertèbres.
- Laxité ligamentaire : Le relâchement des ligaments qui stabilisent la colonne vertébrale.
Spondylolisthésis congénital
Il est dû à des anomalies de développement des vertèbres présentes dès la naissance, qui rendent la colonne instable.
Spondylolisthésis traumatique
Il résulte d’une fracture d’une autre partie de la vertèbre que l’isthme, suite à un traumatisme important.
Pour le spondylolisthésis pathologique
Il est la conséquence d’une maladie sous-jacente qui affaiblit l’os, comme une tumeur, une infection ou une maladie métabolique osseuse.
Diagnostic d’un spondylolisthésis
Le diagnostic d’un spondylolisthésis repose sur l’examen clinique et des examens d’imagerie :
- Examen clinique : Le médecin recherche des douleurs lombaires, des douleurs irradiant dans les jambes (sciatique ou cruralgie), des engourdissements ou une faiblesse musculaire. Il évalue la posture, la mobilité du rachis et la présence d’une hyperlordose lombaire (cambrure excessive). La palpation peut révéler un « ressaut » ou un « pas » entre les épineuses des vertèbres.
- Radiographies standards : Des radiographies du rachis lombaire de face, de profil et en oblique sont essentielles. Les clichés de profil permettent de visualiser le glissement de la vertèbre et de le mesurer (classification de Meyerding). Les clichés dynamiques (en flexion et extension) peuvent révéler une instabilité du glissement.
- Radiographie EOS qui permet en plus d’évaluer l’équilibre global du rachis.
- Scanner (TDM – Tomodensitométrie) : Le scanner est très utile pour visualiser l’isthme vertébral et confirmer la présence d’une spondylolyse (fracture de l’isthme). Il permet également d’analyser les structures osseuses et de rechercher un rétrécissement du canal rachidien.
- IRM (Imagerie par Résonance Magnétique) : L’IRM est l’examen de choix pour évaluer l’impact du glissement sur les structures nerveuses (moelle épinière, racines nerveuses) et pour analyser l’état des disques intervertébraux. Elle permet de détecter une éventuelle compression nerveuse et de rechercher d’autres pathologies associées.
Les traitements d’un spondylolisthésis
Le traitement du spondylolisthésis dépend de la sévérité du glissement, de la présence et de l’intensité des symptômes, de l’âge du patient et de l’existence d’une instabilité. Dans la majorité des cas, un traitement conservateur est privilégié.
Traitement médicamenteux
Le traitement médicamenteux vise à soulager la douleur et l’inflammation. Il comprend :
- Antalgiques : Pour gérer la douleur.
- Anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) : Pour réduire l’inflammation.
- Myorelaxants : Pour soulager les contractures musculaires.
Les infiltrations pour traiter un spondylolisthésis lombaire
Les infiltrations de corticoïdes peuvent être réalisées au niveau des facettes articulaires ou dans l’espace épidural pour réduire l’inflammation et la douleur. Elles sont effectuées sous contrôle radiologique pour une meilleure précision et peuvent apporter un soulagement temporaire significatif.
Kinésithérapie
La kinésithérapie est essentielle pour renforcer les muscles du tronc (abdominaux et paravertébraux), améliorer la posture, stabiliser le rachis et soulager la douleur. Des exercices spécifiques sont adaptés à chaque patient.
Traitement chirurgical : l’arthrodèse lombaire
La chirurgie est envisagée lorsque le traitement conservateur a échoué, en cas de douleur persistante et invalidante, de progression du glissement ou de signes neurologiques importants. L’intervention la plus courante est l’arthrodèse lombaire.
L’arthrodèse lombaire consiste à fusionner la vertèbre qui a glissé avec la vertèbre sous-jacente (ou les vertèbres adjacentes) afin de stabiliser la colonne vertébrale et de décomprimer les structures nerveuses. Cette fusion est réalisée à l’aide de vis, de tiges et de greffons osseux. L’objectif est de soulager la douleur, de corriger le glissement et de prévenir toute aggravation neurologique. C’est une chirurgie majeure qui nécessite une période de récupération et de rééducation.
Dr Ahmed Benzakour
Je consacre mon activité à la prise en charge des pathologies du rachis, qu’elles concernent la région cervicale, dorsale ou lombaire. Mon approche repose sur une évaluation précise de chaque situation afin de proposer le traitement le plus adapté, qu’il soit médical, interventionnel ou chirurgical.
- Je suis enregistré au Conseil National de l’Ordre des Médecins (CNOM) sous le numéro RPPS: 10100662401
- Je suis ancien Chef de Clinique des Hôpitaux et praticien spécialisé en chirurgie du rachis.
- Je suis formé aux techniques de décompression, stabilisation et reconstruction rachidienne.
- Je participe régulièrement à des congrès et formations dédiés à la chirurgie du rachis.